Action Tanneries, août 2017

Publié le par candidats.fi67

France Insoumise 67

Action Tanneries, Lingolsheim

28 août 2017, Par Alain Verreman

Durant la campagne électorale, les habitants des quartiers nous ont dit à maintes reprises : Vous avez de belles paroles, on a envie de vous croire, mais concrètement qu’est-ce que vous apportez ? Nous leur avons répondu : apportez vos voix à notre candidat, vous verrez que ça changera.

Aujourd’hui, après l’échec de la présidentielle, la situation est pire qu’avant. Que faire pour ne pas céder au désespoir, à la révolte ? Plusieurs insoumis de la circo 4 (les GA ne fonctionnent pas) qui ont milité ardemment pour les législatives se sont dit : Cela ne peut pas s’arrêter là, ceux qui avaient cru en l’Avenir en Commun vont se détourner définitivement de la vraie gauche. Et les autres s’abstiendront encore plus aux prochaines élections. Cette tentation du désespoir est liée aussi au fait que les gros problèmes dans les quartiers se manifestent surtout en été et n’attendent pas que les bobos rentrent de vacances. Nous avons donc établi un plan de bataille dès fin juin.

Si les uns ont davantage réfléchi au devenir de la France Insoumise, les autres ont décidé de mener des actions dans deux quartiers de Lingolsheim, à commencer par celui des Tanneries où la multiplicité des tours (7 étages) et l’étroitesse des rues avaient attiré notre attention. Bien que plus de  1 200 personnes y habitent, la zone reste un vaste chantier, les espaces verts inachevés, le stationnement chaotique. Aucun transport en commun ne le traverse, si bien que faire ses courses reste un parcours du combattant et d’endurance.

C’est alors qu’on commence à nous parler de dégradations, de rixes et d’insécurité. La police refuse de se déplacer la nuit, à peine le jour. Les gens tremblent, des pétitions se mettent en place. Les responsables ne réagissent pas, ils laissent faire, ils laissent l’impunité se répandre et la situation se dégrader. Pour une demi-douzaine d’insoumis de Lingolsheim et environs, cette situation ne peut plus durer. Quelqu’un propose de se rendre chez les gens et de dresser avec eux une liste de ce qui devrait changer rapidement. Pourquoi ne pas commencer une pétition pour protester contre la diminution des APL, afin d’entrer en contact ? « Bonjour, nous sommes de la France Insoumise … (regard sombre) … le parti de Jean-Luc Mélenchon. » Le regard s’éclaire : « Ah oui ! » L’accueil est enthousiaste. On reçoit la France insoumise comme une bouée de sauvetage, parfois on nous fait entrer, on noue le dialogue, les langues se délient. Nous découvrons des situations ubuesques où le bailleur social, lassé des dégradations, supprime les serrures de portes d’entrée et d’ascenseur. Les jeunes délinquants pénètrent dans les escaliers et vont se servir dans quelques appartements, puis descendent démolir des voitures dans des parkings, à coup d’extincteurs qu’ils vident dans des voitures. Les autorités ne bougent toujours pas, elles aussi s’étaient mises en vacances, semble-t-il. Nous ne nous étendrons pas sur le sort de deux handicapés condamnés à rester cloîtrés chez eux depuis un an, malgré leur fauteuil roulant motorisé. Logement inadapté malgré la loi, impossibilité de circuler, les micro-trottoirs sont presque toujours occupés par des voitures – la voiture étant pour beaucoup une nécessité par l’absence de transport en commun traversant ce nouveau quartier. Nous ne dirons rien non plus des mauvais traitements subis par ces handicapés de la part des enfants des voisins, là on est dans l’inhumain.

Nous poursuivons le porte-à-porte pour la pétition, avec parfois un petit mot sur notre programme. Toujours aussi bien accueillis. Nous sentons vite que les quelques insoumis ne pourront pas changer la situation. Il faut fédérer les personnes concernées. Samy qui habite le quartier se fait fort de faire venir les gens à un goûter-débat en plein air en fin de dimanche après-midi. On en parle lors des portes-à-portes, on colle des affiches, Samy en parle autour de lui. S’il fait beau on viendra. Mais il faut rester réalistes : pour une manifestation sur la voie publique, il faut l’autorisation de la préfecture. Facile. Il faut aussi une assurance qui couvre les organisateurs et les participants : elle sera proposée par l’association AGIR EN COMMUN, créée par des insoumis de la 4e au cours du mois de juillet, aussitôt après les élections. L’association couvrira une partie des frais et apportera un auvent auquel seront attachés des posters de la FI, annonçant la manifestation du 12/9 et présentant l’argumentaire anti-ordonnances.

Nous nous posons des questions sur la suite à donner à ce goûter-débat. Tout d’abord, il faut continuer la pétition contre la baisse des APL. Puis on mettra une boîte à idées et du papier pour que les habitants du quartier puissent témoigner de ce qui va et ne va pas. Peu à peu naît aussi l’idée de créer un Collectif Tanneries, si nous trouvons des volontaires.

 Samy termine l'installation. Le cadre est idyllique.

Je ne vous écrirais pas ces lignes sur le goûter-débat n’avait pas été un franc succès. Les nuages orageux  cèdent la place au soleil en ce 27 août après-midi. La plupart de nos visiteurs sont des familles avec de jeunes enfants (blancs, noirs, métis, jaunes, toute la planète était représentée, une joie de plus), ils sont inquiets de ce que leur quartier est en train de devenir. Ils sont heureux de trouver quelqu’un, un groupe, qui veuille prendre les problèmes à bras le corps. Ils sont heureux de pouvoir parler aux six insoumis présents (Samy, Véronique, Daniel, My-lin, Djema, Alain : la parité !) et de pouvoir se parler entre eux, d’échanger leur 06. Les enfants sont occupés au terrain de jeu et viennent prendre boissons et goûter. Les bébés passent de bras en bras : il faut leur préparer une belle vie, les jours heureux.

Alarmée par la préfecture qui craignait peut-être le pire dans ce quartier qui commence à être connu, la police nationale vient nous rendre visite, puis les deux agents restent discuter. Et disent en nous quittant : Bon succès, continuez ! Le travail de la France insoumise, c’est la tranquillité pour les policiers … pas pour les responsables de la situation, si haut perchés soient-ils.

 

Comment se traduit le succès de la rencontre ? Tout d’abord par le nombre impressionnant de personnes venues nous rendre visite en famille et faire connaissance entre elles. A cela il faut ajouter que trois présidents ou membres de conseils syndicaux, représentant plus de 500 logements, ont proposé de se joindre à la nouvelle équipe. Au total, 18 personnes ont laissé leurs coordonnées sur la fiche : « Je souhaite faire partie du collectif », trois autres personnes absentes avaient fait savoir leur souhait d’y figurer. Une première réunion aura lieu début septembre à l’initiative de Samy qui a relevé les adresses mail. Nous, les insoumis de la circo 4,  serons à ses côtés pour l’aider à faire vivre le Collectif T d’une vingtaine de personnes, une véritable Task Force.

Deuxième tâche pour les insoumis de ce quartier : participer à la vie de la nouvelle école maternelle-primaire Simone Veil. Plusieurs parents ont déjà promis de prendre part à la création d’une section FCPE. Nous serons organisés pour le 1er septembre, prêts à épauler la directrice et les enseignants tout au long de l’année. Les idées ne manquent pas.

Déjà, nous savons que l’appel pour le 12/9 sera entendu dans ce quartier. D’autres insoumis mènent des actions efficaces dans différents quartiers de l’Eurométropole. Faites-nous connaître vos actions, encourageons-nous mutuellement. Il est toujours possible de publier vos témoignages sur le site www.fi67.fr .

En plus de cet article, une émission de radio sera présentée sur le même site.

Publié dans Témoignages, Evénements

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article